Des jeunes manifestants anti-CPE rejoignent pour 8, 3 et 2 mois, les centaines de jeunes emprisonnés lors du mouvement social d’octobre et novembre dernier.
Au moment où des millions de femmes, d’hommes, de jeunes, de retraités, de salariés, d’étudiants, de lycéens, de chômeurs manifestent contre la précarité généralisée et pour le respect du code du travail on emprisonne, et sans preuves s’il vous plait.
C’est injuste, dégueulasse, mais réfléchi, les Villepin et Sarkozy ne connaissent rien d’autres que la provocation, l’affrontement et la communication, ils veulent l’affrontement et créent les conditions de cet affrontement en espérant que les mouvements de résistance et de revendication tournent mal et dérapent.
Quand à la décision du conseil constitutionnel ils vont nous en abreuver jusqu’à plus soif, soyons tranquille, c’est que cela ne doit pas être anti-constitutionnel, la preuve, il est prévu dans les articles 5 et 11 du préambule de la constitution :
5-Chacun à le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut-être lésé dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
11-Elle garantie à tous, notamment à l’enfant, à la mère, et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain, qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.
Dans le même temps il y a 5 millions de chômeurs, 7 millions de pauvres dont 2 millions d’enfants et 2 millions de vieux, 20 millions de précaires, 2 millions de femmes et d’hommes sans domicile fixe et mal logées… Alors la constitution, vous pensez bien que si cela ne les arrange pas … !
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A chaque fois qu’ils arrachent une page du code du travail ils rajoutent une page au code pénal, il faut bien encadrer la pauvreté, il faut tout de même qu’ils acceptent leur situation, l’inégalité, la stigmatisation, la discrimination ces millions de chômeurs, de précaires et de pauvres.
On ferme les entreprises, on délocalise, on restructure, on licencie, on précarise, on appauvrit, on expulse, on emprisonne, on tape et on piétine, mais c’est légal, plus que de se défendre, il faudra bien réussir à faire la différence entre légalité et légitimité
Eugene Varlin, disait : « Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines ».
Pas d’autres solutions que le retrait sans condition du CPE et du CNE, l’indemnisation décente de toutes les formes de chômage ainsi que la libération immédiate de tous les jeunes emprisonnés tant pour les manifestants anti-CPE que pour ceux du mouvement social d’octobre et novembre.
Répondons encore, par millions à l’arrogance et à la violence d’Etat en manifestant le 2 avril prochain 14h00 République, les chômeurs et précaires de l’APEIS y seront.
Villejuif le 31 mars 2006
Philippe Villechalane, Porte parole de l’Apeis


