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Votons !
février 2002

Des textes de loi viennent d’être votés concernant la possible condamnation à 6 mois de prison et à 7.500 Euros soit 50.000 F d’amende des individus qui pourraient avoir plus de 10 amendes sur 12 mois dans les transports en commun RATP ou SNCF nous semble être ce qu’il convient de nommer clairement des lois anti pauvres.

Mais ce n’est pas tout, les Assedic de Bourges (au moins) ont décidé de ne pas répondre au téléphone quatre jours par mois, les « usagers » sont invités à se connecter à une boite vocale qui ne pourra d’une part pas répondre aux questions et d’autre part coûtera un maximum à celles et ceux qui manquent déjà de revenus décents.

La raison invoquée est bien évidemment de favoriser le règlement des dossiers qui malheureusement sont de plus en plus nombreux, sauf que si on ne répond pas au téléphone les chômeurs se déplacent quand ils en ont les moyens pour tenter d’avoir des réponses à leurs questions et problèmes, les queues aux guichets risquent fort de redevenir longues et pénibles.

La municipalité de Saint Etienne, très touchée par le chômage et la pauvreté, dont le maire est proche de Charles Million et de ses idées à droite de la droite, octroie un budget d’aide sociale de 3, 3 millions de F, dans le même temps elle dépense 6, 8 millions de F pour installer des caméras vidéos dans les rues de la ville.
Encore mieux les services sociaux de la municipalité paient 12 enquêteurs pour aller chez les pauvres contrôlés leurs niveaux de vie et le bien fondé de leurs demandes d’aides.

Et puis encore après les mesures anti mendicité de ces dernières années, le Maire de Bordeaux, le sinistre Alain Juppé vient d’édicté un arrêté pour interdire aux personnes sans domicile fixe de s’asseoir dans le centre ville.

Ca fait tâche le pauvre, souvent ce n’est pas très propre, parfois c’est agressif quand ça n’a plus de domicile et que c’est obligé de survivre dans la rue, sans compter qu’il y en à qui boivent des SDF, le contraire serait étonnant quand on a froid, faim et honte.
Quand on a l’impression de ne pas être un égal, de ne compter pour rien, quand la majorité de la société semble accepter au nom de l’indifférence ou au mieux de la fatalité.

Ce n’est pas anodin, cela fait partie d’un processus idéologique, criminaliser la pauvreté, contrôler, stigmatiser, entrer de plein pied dans ce qui semble être devenu le seul débat de la période électorale qui s’ouvre ; le sécuritaire !

Bien sur les questions d’insécurité existent, se posent, il ne s’agit en aucun cas de les éviter mais voyons les problèmes dans leur globalité, sans mettre la charrue avant les bœufs, si chacune et chacun avait de la sécurité, celle de l’emploi, du revenu, un avenir, des perspectives, les questions sécuritaires ne se poseraient pas du tout de la même façon.

Les chômeurs, les précaires, les pauvres ne doivent pas être culpabilisés de leur dramatique situation, plutôt que de mettre en place un système répressif il conviendrait de prévenir et surtout se battre pour l’obtention de nouveaux droits et des revenus décents.

En toute bonne foi, comment fonctionner à défaut de vivre avec 2500 F par mois ?
Alors pour justifier l’injustifiable et le scandaleux, le recours permanent à la notion de dignité est agité par tous les bons penseurs, il faudrait soi disant payer une partie de son loyer sinon notre dignité serait atteinte, un peu des factures de téléphone sinon notre dignité serait mise à mal, une partie des factures EDF, pensez à notre dignité, un peu de cantine scolaire car la dignité de nos enfants ne se monnaient pas et bien sur les transports en commun pour être égaux, non stigmatisés et dignes, surtout dignes.

Alors donnez nous le droit à la dignité, des droits, de l’égalité, des revenus décents, des moyens convenables d’existence, sinon ce ne sont que des mots creux qui alimentent désespoir, angoisse, déstructuration, désocialisation et évidemment désintérêt pour la chose publique, politique et démocratique.

Ne nous voilons pas la face derrière de nombreux mots et quelques mesurettes, il faut prendre de face les urgences de vie, les situations de survie si on veut les régler dans la dignité partagée, il me semble que ceux qui manque cruellement de dignité ce sont tous ceux qui ferment les yeux et les oreilles.

Comment exister et croire quand le montant du RMI est de 2298 F par mois et qu’il était de 2265 F en juin 97 à l’arrivée de la gauche ? Comment sentir de la volonté de cohésion quand 3, 2 millions de salariés touchent moins du SMIC et que 1, 7 millions perçoivent moins de 4000 F par mois ?

Ils nous apprennent à survivre avec presque rien, en tendant la main, en crevant de ressentiment, de maladies d’un autre âge, en ne permettant pas d’avenir à nos enfants, en tuant nos rêves et nos espoirs, alors de quelle dignité parlons nous ?

De la dignité d’être honnête, de ne pas frauder dans les transports en commun quand on doit se déplacer sans un franc ? De la dignité de participer à la vie sociale, collective quand on en est rejeté ? De la dignité d’apporter en permanence les preuves de sa pauvreté, de son inégalité, de son impuissance, de ses larmes pour obtenir un tout petit bout de droit fondamental comme manger ou avoir un toit au dessus de la tête ?

Peu à peu les mesures anti pauvres, ultra sécuritaires se mettent en place, ils convient de cacher la misére, de la contrôler, de la criminaliser, il faudra très vite construire des prisons, de plus en plus, en confier la gestion à des entreprises privées qui n’y verront que le moyen de faire du fric avec des pauvres peut-être « inexploitables » dehors.

Nous sommes amenés à penser que notre premier effort doit être de voter, par pour signifier notre accord avec tel ou tel mais simplement pour être ou redevenir des enjeux, bien sur nous repoussons avec force le vote raciste, sexiste, xénophobe du front national et de l’extrême droite qui n’est jamais un vote de protestation mais un vote de haine, de rejet de l’autre.

Nous rêvons et nous battons pour une autre planète où chacune et chacun aura sa place et son rôle, c’est là qu’elle se trouve la dignité, dans l’utilité de chacun et pas selon les contraintes du marché et les lois des patrons.

Ne laissons pas faire, n’acceptons pas l’inacceptable, soyons les véritables garants de la cohésion de la société et de l’ensembles de ses membres, Votons !

Et comme cela risque fort de ne pas suffire, organisons nous partout, sur tout, dés que nous le pouvons, ne lâchons rien, faisons vivre la citoyenneté, partageons le pouvoir, soyons à l’écoute, efficace et soit nous pèserons suffisamment sur la et les politique(s) soit nous serons candidats.


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