Ils n’ont décidemment rien compris aux résultats du 29 mai, à ce sujet il semble que certains partisans du oui que l’on entend au moins autant après leur défaite cuisante et historique qu’avant les élections aient une conception de la démocratie à géométrie variable, selon les résultats.
Quand ils gagnent, la voix du peuple est respectueuse à défaut d’être respectée et quand ils perdent c’est que les électeurs se sont trompés, qu’ils n’ont pas bien compris les enjeux, qu’ils sont des imbéciles.
Pour ce qui est du nouveau gouvernement Chirac, la priorité des priorités, la mobilisation générale, le plan national d’action ce sera l’emploi, étrange non que cela soit annoncé le 31 mai, cette volonté n’était-elle pas la même le 28 mai avant la gifle des résultats ?
Les pseudos solutions proposées on les connaît par avance, petits boulots, petits revenus et petites vies pour certains et profits maximum pour d’autres, toujours les mêmes et aussi une autre « gestion des stocks » que sont les chômeurs.
Pour relancer l’emploi, ils vont donc mettre en place un contrôle des chômeurs plus important, tant il est vrai que les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi, les salariés que l’on jettent à la rue pour satisfaire les appétits des actionnaires, les vieux qui chacun le sait ne trouveront plus d’emploi sont responsables de leurs situations, soyons sérieux, s’il y avait de l’emploi, cela se saurait non ?
Ils vont continuer de culpabiliser les victimes, de stigmatiser les chômeurs, de précariser l’ensemble de la société, alors que ce qui est fondamental c’est le nombre de chômeurs et leurs vies en miettes sans perspectives et non le taux de chômage.
Aux Etats-Unis ou en Angleterre le taux de chômage est bien plus bas qu’ici, mais on ne compte plus les pauvres, pas plus que celles et ceux qui sont obligé-e-s d’avoir deux ou trois boulots pour garder la tête hors de l’eau.
Les courbes, les statistiques et les pourcentages, les bilans à présenter, voilà en réalité comment ils appréhendent le chômage, même si ils mettent quelques trémolos dans leurs voix quand ils abordent la question. Prenez des mesures d’égalité et de justice sociale ! Faîtes en sorte de créer de vrais emplois, qui permettent de vivre, et en attendant agissez pour que les responsables des délocalisations, des restructurations, des fusions des licenciements, paient l’indemnisation décente de toutes les formes de chômage !
Philippe Villechalane,Porte parole de l’Apeis


