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APEIS
Réveillons nos droits !
1er janvier 2004

Jacques Chirac nous présentent ses vœux et nous promet que 2004 sera l’année de l’emploi, si ce n’était pas aussi grave et scandaleux ce serait presque risible tant chacun sait que ce sont des mots, des phrases, des promesses, des ambitions électorales et rien d’autre.
Pendant que les principaux intéressés crèvent de misère, d’abandon, de désespoir, d’isolement, de grande souffrance, sans place, sans rôle, sans utilité sociale, sans espoir et sans perspectives.
Le 1er janvier le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CGC, soutenu par le gouvernement font basculer des centaines de milliers de chômeurs dans le néant, la pauvreté, le non droit.
Ils veulent culpabiliser les victimes de leurs choix du profit et de leur volonté de faire baisser le coût du travail, en n’indemnisant plus le chômage pour lequel nous avons pourtant cotisé et en instituant le RMA et les chèques emplois services, de la main d’œuvre gratis en réalité.
Ce dont ils rêvent c’est de nous revoir en place de grève où ils tâteront nos biceps et regarderont nos dents avant de nous embaucher pour quelques queues de cerises. Des chômeurs ont décidé de ne pas se laisser condamner sans rien faire, avec l’APEIS, ils étaient lundi 29 décembre dans les ASSEDIC de Villejuif avant d’en être expulsés par les forces de police.
Même scénario mardi 30, re occupation et re expulsion, mais ce n’est pas un choix, si nous ne nous battons pas il vont nous faire crever, avec des arguments sur l’emploi auxquels plus personne ne croit, surtout ceux qui formulent ces propositions dégueulasses.
Mercredi 31 on remet ça, ASSEDIC, puis ANPE, avant de retourner aux ASSEDIC, avec à chaque fois un déploiement de forces de police considérable et surtout injustifiées tant nos occupations sont toujours pacifiques, et pourtant c’est de nos vies dont il s’agit, notre colère est légitime.

Après avoir été viré de partout nous avons reçu le soutien de la ville de Villejuif qui a mis à notre disposition une salle et nous avons organisé un réveillon de lutte et de résistance, 150 personnes sont passées et pas mal sont restées faire la fête, enfin un réveillon qui a du sens, un moment où le « bonne année » est particulier, il veut vraiment dire quelque chose de vrai et de fort.
« Là bas si j’y suis », l’émission de Daniel Mermet sur France Inter a annoncé notre réveillon et des dizaines de femmes et d’hommes sont venus nous soutenir ou faire la fête avec nous, des voisins voyant le fléchage ont également participé à la soirée..

2004 doit être une année de lutte et de résistance, chacune et chacun doit s’y mettre et croire qu’il est possible de changer cette société injuste et inhumaine qui produit autant de pauvres et de désespoir que de profits.

Et tout le monde est concerné, ils tapent d’abord sur les plus fragiles, les plus précaires et les plus pauvres, mais si la riposte n’est pas au niveau des coups portés, peu seront épargnés car c’est d’une logique dont il s’agit.

2004 doit être l’année où on arrête les cadeaux au patronat et où on se bat pour de vraies protections sociales, l’année où nous devons construire ensemble, tous et toutes, dans le mouvement de l’action des alternatives crédibles et cohérentes qui soient autre chose que de l’alternance stérile et désespérante, allez bonne année à tous et toutes, sauf a nos ennemis du MEDEF pour qui il faut que l’année soit chaude bouillante.

Philippe Villechalane,
Porte parole de l’APEIS ;
Vitry sur Seine le 2 janvier 2004.


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