Avec l’Apeis, plus jamais seul !
Recherche
Accueil > Tribune Libre > Pourquoi ?
Tribune Libre
Pourquoi ?

Un sondage CSA pour l’Humanité, commenté dans le journal du 8 décembre dernier annonce que 62 % des français font confiance aux associations de chômeurs pour trouver des solutions aux questions de l’indemnisation chômage, loin devant les syndicats 47 % et heureusement encore plus loin le gouvernement 32 % et le Medef 28 %.


Dans le même sondage 66 % des français se déclarent favorable à la taxation du recours à la précarité par les entreprises, au départ revendication des associations de chômeurs.

Un peu partout, syndicats, partis politiques et observateurs sociaux, la revendication de l’indemnisation décente de toutes les formes de chômage devient enfin audible et même sensée, encore une revendication des associations de chômeurs.

Associations qui argumentent depuis des années d’abord parce qu’on ne peut vivre avec ce qu’un chômeur touche ou ne touche pas aujourd’hui, ensuite parce que c’est en étant correctement indemnisé que l’on retrouve plus facilement un emploi, aussi parce que cela coûte beaucoup moins cher que de tenter de réparer des situations de désocialisation et enfin parce que c’est le meilleur, le seul ? Moyen de résister à la précarisation de l’ensemble de la société.

Il y a 18 mois les chômeurs et leurs associations remportaient une victoire historique pour le mouvement des chômeurs mais capitale pour tout le monde du travail dans l’affaire dite des « recalculés » 1 million 59630 chômeurs avaient retrouvé leurs droits.

Cette victoire n’est aucunement due au juridique qui n’a été qu’un outil dans cette bataille mais au politique, à la mobilisation, aux explications, à l’argumentation qu’ont développée les associations de chômeurs dont les permanences ne désemplissaient pas et dont les lignes téléphoniques étaient saturées.

Dans les comités locaux des différentes organisations de chômeurs combien de dossiers réglés ? Combien de droits obtenus ? Combien de radiations empêchées ? Combien de glissements évités ? Combien de confiance retrouvée ? Combien de socialisation rendue possible ?

Alors pourquoi les associations ne sont-elles pas réellement reconnues, soutenues et financées, pourquoi il y a-t-il si peu de monde aux manifestations organisées par les chômeurs ?

Pour certains cela révèle au final ce que l’ensemble de la société entretient comme relation avec le chômage et plus largement avec les chômeurs, forme de négation qui se traduit par la crainte d’y passer ou d’y retourner ? Sentiment de supériorité puisque on y est pas ou que l’on s’en est arraché ?

Pour d’autres nous sommes gênants, nous empêchons de ronronner et pourtant le vérité est toujours bonne à dire, ce que nous révélons n’est rien d’autre que l’état pitoyable, terrible, dramatique, d’une société qui n’a plus de réponses. qui ne prend pas les mesures pour en trouver, à hauteur de toutes ces vies en miettes, de ces avenirs impossibles, qui se comptent par millions.

Au 21e siècle nos enfants n’ont aucune perspective et nos parents sont en trop, alors que les premiers devraient être notre force et notre avenir et les seconds notre « expérience »et notre mémoire ; un gâchis qui ne doit rien à une quelconque fatalité.

Nos vies c’est aujourd’hui que nous les vivons, les promesses ne servent à rien, les programmes et propositions devraient tenir compte d’un préalable incontournable pour que tout le reste puisse être entendu : Le règlement des multiples urgences !

Sinon allez expliquer la liberté, l’égalité et la fraternité quand il y a 5 millions de chômeurs, 6 millions de précaires, quand 3 personnes sans domicile fixe sur 10 travaillent, quand les femmes et les hommes sans domicile fixe ou mal logés sont plus de 2 millions, quand il y a des mineurs à la rue et des vieux dans la misère.

Il faut, c’est certain s’attaquer aux causes mais attention de ne pas oublier les effets, car d’une part l’urgence c’est tout de suite, et la question de la crédibilité est donc posée et d’autre part avec qui s’attaqua-t-on aux causes si chacune et chacun se retrouve chômeur ou précaire ?

Des chômeurs, des précaires, des pauvres, des sans droits, sans place, sans rôle, sans « utilité » s’associent, se battent, résistent et la vieille lune de la crainte du lumpen est toujours présente, alors que notre présence contribue à empêcher les factieux d’organiser réellement toutes les classes laborieuses en rupture.

la démocratie est-elle à géométrie variable ?, les chômeurs se sont données des associations, untel peut regretter ceci, untelle cela, mais ce débat est du même ordre que de savoir s’il est utile d’avoir plusieurs partis politiques à gauche ou bien si un syndicat unique ne serait pas plus efficace.

Les politiques doivent réfléchir à élaborer et à mettre sur pied un « statut de la citoyenneté » qui permette que l’activité politique, associative, syndicale et même élective puisse être menée dans des conditions normales et décentes.

Les chômeurs d’aujourd’hui sont les travailleurs d’hier, il est donc étrange qu’ils soient ainsi montré du doigt, que celles et ceux qui oeuvrent à changer la société nient l’existence ou au mieux se méfient de ceux qui ne sont que les premières et principales victimes du système qu’ils combattent.

Que les patrons du Medef et leurs amis du pouvoir stigmatisent et culpabilisent les chômeurs soit, mais que les autres marchent dans cette entreprise idéologique est terrible quant à de possibles alternatives. Cela équivaut à se tirer une balle dans le pied.

Il n’est pas trop tard mais il est temps, et même plus que temps pour celles et ceux qui sont directement concernés par la négation de leur capacité et donc de leur identité, temps également pour celles et ceux qui ne veulent pas se nourrir de promesses.

Prenez le temps et le soin de notez dés aujourd’hui qu’il est essentiel de participer aux manifestations et mobilisations des chômeurs et des précaires, et pas seulement en termes de solidarité passive, de tout mettre en œuvre pour participer à la création ou à l’animation d’un comité de l’Association Pour l’Emploi l’Information et la Solidarité dans votre ville ou département.

Si vous souhaitez en savoir plus vous avez au moins deux possibilités :

1/ Aller sur le site apeis.org
2/ Et/ou vous abonner au journal Existence !

Philippe Villechalane, porte parole.

Apeis, 8 rue de Verdun, 94800 Villejuif


Vers le haut de la page

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr

 

Plan du site |  Espace privé |  Nous écrire | Soutenir l’APEIS | 

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr