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PRÉCARITÉ. « JUSTICE SOCIALE » POUR LES SURVIVANTS DU CHÔMAGE

Journal l’Humanité

Lundi, 2 Décembre, 2019
Cécile Rousseau
Les associations de privés d’emploi ont défilé samedi contre la réforme ultraviolente des règles d’indemnisation et appellent à se mobiliser le 5 décembre pour sauver le régime de retraite.

Une véritable « dislocation sociale ». Samedi, plusieurs centaines de personnes ont défilé à l’appel des associations de privés d’emploi, MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires), Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et des précaires), AC !, des environs du Medef jusqu’au ministère du Travail, désignés coupables de la réforme de l’indemnisation du chômage lésant un inscrit à Pôle emploi sur deux. Sommés de travailler 6 mois sur les 24 derniers mois (contre 4 mois sur 28 mois précédemment) depuis le 1er novembre pour entrer dans le régime, les chômeurs ont encore une fois l’impression d’être les premiers cobayes des régressions imposées par le gouvernement. En tête de cortège, un cercueil peint en noir symbolise d’ailleurs l’enterrement en règle de l’assurance-chômage.

Non loin, une banderole de l’Apeis exige en écho plus de « justice sociale ». Originaires de Savoie, Salomé et Thibault ont profité de leur week-end parisien pour se joindre au mouvement. Employée aux remontées mécaniques et pisteur-secouriste, ces deux saisonniers vont se retrouver le bec dans l’eau le printemps venu. « Avoir travaillé quatre mois ne suffira plus pour toucher les allocations. Il faudra qu’on trouve des petits boulots », explique la jeune femme de 22 ans. « Je peux compter sur ma famille, sinon, je ne vois pas comment on ferait, complète son compagnon. Depuis qu’Emmanuel Macron est président, je n’ai pas arrêté de perdre des droits. J’avais commencé une formation d’accompagnateur en haute montagne, mais, en plein milieu, Pôle emploi m’a prévenu qu’il n’y avait plus d’argent pour la financer, j’ai dû débourser 2 000 euros. Ensuite, j’avais trouvé un contrat aidé mais, la veille, on m’a prévenu que les crédits avaient été coupés… »

Sous étroite surveillance depuis le renforcement du contrôle et des sanctions fin 2018, les privés d’emploi vont être nombreux à basculer dans les minima sociaux avec les effets de cette réforme. Pierre-Édouard Magnan, président du MNCP, rappelle « qu’il y a 9,3 millions de pauvres en France et que le phénomène progresse.

Le changement des règles de calcul des allocations au 1er avril 2020 va aussi être dramatique. Quant au projet de revenu universel d’activité (RUA), qui ne sera qu’une simple extension du RSA, il va encore aggraver les choses ». En ces périodes de fêtes de fin d’année, les associations ont posé comme revendication le versement d’une prime de Noël de 500 euros.

« Je suis en état de survie »
Au fil des avenues bordées d’immeubles haussmanniens, la chanson Bella Ciao, jouée par la Fanfare invisible, redonne un peu de courage aux manifestants gagnés par le froid. Erwan a sorti sa chasuble fluo. Dans la rue depuis plus d’un an, le gilet jaune a dix ans d’alternance de CDD et chômage derrière lui. « Je suis en état de survie, résume-t-il. Travailleur handicapé de 49 ans, j’ai l’impression qu’aucun employeur ne veut de moi. Dans mon poste actuel, on m’a proposé d’interrompre ma mission juste parce que je demandais un siège adapté ! Avec les nouvelles règles de l’assurance-chômage, je m’attends à avoir encore plus de mal à garder mon logement social. Le gouvernement casse le modèle social que le monde entier nous envie. Il faut qu’on soit plus nombreux à se mobiliser ! »

Philippe Villechalane, porte-parole de l’Apeis, soupire, « c’est tout le projet de société qu’il faut changer. On s’attaque aux retraités, aux étudiants, aux précaires, c’est la politique de la loi de la jungle. J’entends Muriel Pénicaud parler des embauches en CDI. Mais lesquelles ? Beaucoup sont à temps partiel ! ». Au diapason, Valérie, professeur des écoles, taille en pièces les discours enjôleurs des macronistes sur la réussite sociale : « Il n’y a plus d’emploi stable ! Ma fille a obtenu un BTS. Pourtant, on ne lui propose que des postes d’ouvrier agricole pour lesquels elle est surqualifiée. Du coup, elle cumule un CDI et un CDD à temps partiel pour 1 200 euros par mois. » Alors que les drapeaux des chômeurs, mêlés à ceux des syndicats SNU Pôle emploi et SUD emploi, arrivent rue de Grenelle, l’air de C’est dans la rue qu’ça s’passe résonne. Tous les regards sont déjà tournés vers la mobilisation de défense du régime de retraite le 5 décembre.

Cécile Rousseau


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