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Tribune Libre
Mumia Abu-Jamal crie son innocence

Par Jacky Hortaut, co-animateur du collectif unitaire national Ensemble, sauvons Mumia (1)


Comment aider un prisonnier dans le couloir de la mort depuis 25 ans ?

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Mumia Abu Jamal

Le 9 décembre 1981, une fusillade éclate en plein centre de Philadelphie. Un policier est tué. Le journaliste noir américain Mumia Abu— Jamal est grièvement blessé. Immédiatement, et sans la moindre preuve, la police le désigne comme l’assassin. Quelques mois plus tard, il est condamné à mort à l’issue d’un procès expéditif et raciste dont l’iniquité est aujourd’hui internationalement reconnue. Par deux fois, en 1995 et en 1999, son exécution fut programmée. L’ampleur de la protestation empêcha heureusement l’irréparable.

Depuis le premier jour, Mumia crie son innocence et demande la révision de son procès.

Après un quart de siècle de rejet de tous ses recours judiciaires, une cour d’appel fédérale a enfin donné l’espoir d’un possible et nouveau procès en acceptant d’examiner trois requêtes de sa défense, portant notamment sur le non-respect de ses droits constitutionnels. Cette décision ne préjuge bien évidemment pas de la position que prendra la justice américaine. Elle constitue néanmoins une évolution de l’écoute des arguments développés par la défense et soutenus par un réseau international particulièrement actif.

Maître Robert R. Bryan, l’avocat principal de Mumia, a remis le mois dernier un monumental mémoire à la cour d’appel, qui dénonce le déni de justice dont Mumia est la victime et qui démontre les manipulations auxquelles se sont livrées la police et la justice de Philadelphie lors du procès en 1982. Maître R. Bryan reprend notamment à son compte le rapport d’Amnesty International (le Cas Mumia Abu-Jamal - Une vie en jeu, février 2000) qui concluait en ces termes : « Ce qui est en cause ne concerne pas la vie d’un seul homme, c’est une question de justice qui nous concerne tous. Et il ne peut y avoir de justice rendue dans ce dossier sans un nouveau procès, du fait même que les procédures mises en oeuvre pour juger, établir la culpabilité et condamner n’ont pas respecté les standards internationaux les plus élémentaires en matière de justice. »

C’est ce moment précis qu’ont choisi des élus de Philadelphie pour monter une grossière opération de diversion en annonçant leur venue en France avec l’objectif d’obtenir des conseils municipaux de Paris et de Saint— Denis qu’ils renoncent à leur engagement en faveur de Mumia Abu-Jamal (Paris éleva Mumia Abu-Jamal au rang de citoyen d’honneur en 2003, Saint-Denis baptisa une rue à son nom en avril dernier). L’odieux marchandage tenait en ce deal : Philadelphie est disposée à agir pour la commutation de la peine capitale en prison à perpétuité en échange de la révocation des décisions honorifiques.

Quelques jours plus tard, cette ingérence était assortie de l’annonce par maître Collard d’un dépôt de plainte contre les deux municipalités pour « apologie de crime », ce dernier poussant la provocation jusqu’à comparer Mumia à Landru, Petiot et Klaus Barbie.

Évidemment, ni la cible ni le moment choisi ne relèvent du hasard du calendrier. Cette grossière opération de diversion ne visait qu’à faire pression sur la justice qui devra, dans les mois à venir, se prononcer sur la vie ou la mort de Mumia Abu-Jamal.

Face à l’émotion et à la protestation des élus de nombreuses villes françaises d’une part et à la mobilisation des organisations qui soutiennent le combat de Mumia, la municipalité de Philadelphie a finalement décidé de renoncer au déplacement dans une cacophonie politique entre démocrates et républicains. Et de la plainte, plus personne ne dit mot ! C’est la Chambre des représentants (l’équivalent de notre Assemblée nationale) qui a pris le relais en adoptant une motion à l’adresse du gouvernement français pour qu’il use de tous ses pouvoirs à l’encontre de la ville de Saint-Denis. La petite rue Mumia-Abu— Jamal est devenue une affaire d’État ! Elle dispute désormais la vedette au Stade de France, son voisin connu de la planète entière pour les confrontations humaines et sportives qu’il accueille. Plutôt sympathique cette rencontre.

Nul doute qu’à l’approche du 3e Congrès mondial contre la peine de mort qui se déroulera à Paris début février prochain, toute cette agitation outre-Atlantique ne vise qu’à limiter l’impact de la condamnation internationale qui se manifestera à cette occasion, eu égard aux pratiques inhumaines et mortifères encore en vigueur aux États-Unis. Et de tenter de faire en sorte que la figure emblématique de ce combat, Mumia Abu-Jamal, et ses soutiens, à défaut de se taire, baissent la garde.

Non, Mumia Abu-Jamal n’est pas un assassin ! Les autorités politiques américaines doivent cesser de faire obstacle à la manifestation de la vérité ! La justice doit accepter un nouveau procès pour qu’il puisse défendre son innocence et retrouver le plus vite possible la liberté.

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Black Panther Party

Oui, la mobilisation est de tous les instants ! Personnalités, élus, militants, associations, organisations, syndicats, agissons tous ensemble pour sauver définitivement Mumia Abu— Jamal, donnons-lui les moyens financiers de se défendre (2).

(1) Regroupant 70 organisations françaises (www.mumiabujamal.net).

(2) Adressez vos dons à :

MRAP Solidarité Mumia,

43, boulevard Magenta 75010 Paris.


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