Assez de mépris
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Manifestation contre le CPE, le drame la lutte et la peur !
22 mars 2006

Le drame,

Cyril, 39 ans, militant syndical, est entre la vie et la mort, dans un coma profond dit-on pudiquement, pour ne pas dire que Cyril…
Les ordres pour le maintien de l’ordre ont permis ce désordre majeur, terrible, intolérable et dégueulasse, la vie d’un homme vaut, ou plutôt devrait valoir toujours plus que les intérêts des grands patrons et des actionnaires, car c’est de cela dont il question, de la main d’œuvre la moins chère possible pour faire plus de profits.
Il n’est par ailleurs pas question de ce que d’aucuns auront la tentation d’appeler une bavure, car il s’agit bel et bien d’un acte de violence dans lequel la fatalité n’a rien à voir.
Nous apportons notre total soutien à la famille de Cyril, à ses proches, à ses amis militants syndicaux, et lui souhaitons de se rétablir au plus vite et dans les meilleures conditions possibles, sans séquelles et sans trop de traumatismes.

La lutte,

Les journaux télévisés de notre bonne vieille ORTF, ne cessent de nous passer, en boucles, les violences des « casseurs » de fin de manifs, tentant ainsi de discréditer la justesse des revendications des militants anti-CPE, mais au fait, ils sont qui et où les vrais casseurs ?
Nous connaissons avec la résistance au CPE, des mobilisations comme cela fait longtemps que nous n’en avons pas connu, et ils sont déterminés celles et ceux qui se battent, car ils savent toutes et tous, même intuitivement qu’il se joue sur cette question un véritable projet de société.
Pas de faux débats, pas d’opposition que l’on pourrait qualifier de classes, ce contrat est mauvais pour tous et toutes et pas seulement pour les étudiants et les lycéens, même si la gravité de la situation sociale, la discrimination, le manque d’avenir lisible et de perspectives peuvent laisser penser que « c’est mieux que rien » !
A force de « c’est mieux que rien », et « de moindre mal », les femmes travaillent la nuit, les enfants sont remis au boulot à partir de 14 ans, tout le monde va au chagrin le dimanche, des dizaines de milliers de femmes et d’hommes sans domicile fixe travaillent, les chômeurs sont convoqués, radiés, stigmatisés certains préconisent encore et encore le croisement des fichiers pour toujours plus vérifier et contrôler les pauvres, le code du travail est bientôt un livre pour les bibliophiles ou les nostalgiques.

La peur,

La vie de Cyril est d’un coup sur tous les écrans, chacune et chacun sait ce qu’a fait ce militant durant l’heure qui a précédé son passage à tabac par les forces de police, comme si cela pouvait atténuer la gravité et la violence de ce dérapage non programmé mais annoncé, on n’a de cesse de nous répéter qu’il avait 2g d’alcool dans le sang.
Comme si cela devait excuser la situation, comme si également cela devait le discréditer aux yeux d’une majorité et dans le même temps jeter le doute et le trouble sur l’ensemble des manifestants.
Rien ne doit justifier cette attaque en règle, surtout pas le fait que Cyril était en état de faiblesse et ce qui fait vraiment peur c’est justement que nous puissions tout savoir des instants qui ont précédé son piétinement ou son matraquage.
Un député disait il y à quelques semaines que le gouvernement rajoutait une page au code pénal chaque fois qu’il en arrachait une du code du travail, et bien c’est là dedans que nous sommes, des caméras, des surveillances, des contrôles et des enquêtes, rien sur le règlement des multiples urgences, rien pour faire face à la détresse, rien pour garantir un minimum l’avenir et donc la vie.
Les chômeurs et précaires, militants de l’APEIS seront de toutes les manifestations, de toutes les luttes contre le CPE, car la logique en place est la même pour les chômeurs, les précaires, les salariés, les étudiants et les lycéens, et les combats sont donc communs.
Nous appelons les syndicats et les coordinations a exiger que les organisations que se sont données les chômeurs participent aux rencontres et aux négociations afin que De Villepin ne soit pas en mesure de rencontrer des chômeurs envoyés par l’ANPE, dans le but évident de diviser, en se servant des arguments de la détresse et du désespoir, nourrit toujours et encore par cette politique du « c’est mieux que rien ».
Il n’y a qu’une seule solution, le retrait immédiat et sans conditions du CPE, mais également du CNE, ainsi que l’indemnisation décente de toutes les formes de chômage, meilleur moyen de résister à la précarisation généralisée de la société.

Villejuif le 22 mars 2006.
Philippe Villechalane, Porte parole de l’APEIS.


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