Assez de mépris
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Mais ils sont où ceux pour qui on veut changer le monde ?
novembre 2003

A Porto Alegre, au forum social mondial, le représentant du DAL et celui de chacune des trois associations de chômeurs, APEIS, AC !, MNCP, pour la première fois, sont restés à la porte sans accréditation.

En revanche parmi les dizaines de milliers de participants, se trouvaient même des élus de droite, des technocrates, avec leurs staffs, parfois considérables et une toute petite saupoudrée de pauvres, cela pose de vraies questions sur le monde que nous devons changer, construire, inventer.

Des dizaines de millions de chômeurs en Europe, une violence majeure qui est minimisée, qui n’est pas à sa place dans les colères et les indignations, qui est digérée et témoigne de la progression de la fatalité.

Cette faiblesse alimente gravement la campagne idéologique qui désigne le chômeur, le pauvre comme co-responsable de sa situation.

De plus en plus de pauvres, partout sur la planète, la misère qui tend même à chasser la pauvreté, la précarité qui devient le norme en matière d’emploi, et dans le même temps de moins en moins de réponses aux multiples urgences.

Le chômage brise des vies, il pèse sur le niveau des salaires, sur les retraites, sur la sécurité sociale, il sert de mesure d’ajustement et de moyen de pression au patronat.

Laisser faire sur le chômage, c’est permettre toutes les attaques contre les protections sociales et pourquoi pas demain sur le retour du travail des enfants sous nos latitudes, parce qu’ailleurs dans le monde c’est déjà le cas pour des centaines de millions d’enfants.

Le rôle principal de ceux qui en toute bonne foi veulent changer le monde est de tout faire pour que les plus pauvres, les plus fragiles, les plus précaires soient présents, s’expriment eux-mêmes, disent leurs vies, leurs angoisses, leurs rêves, leurs luttes.

Si nous voulions provoquer nous pourrions dire, qu’être dominé par des exploiteurs durs et sauvages ou des exploiteurs plus tendres qui mettraient une louche de social en plus dans la soupe ne change rien quant au fonds, ce dont il s’agit c’est de ne plus être dominé.

Nous n’acceptons pas que certains nous disent, plein de bonnes intentions, « ne vous inquiétez pas, nous nous occuperons de vous, nous nous battons aussi pour vous ».

Il ne s’agit pas d’un détail, car personne ne fait pour et à la place des autres, si la priorité n’est pas de (re) donner la parole à celles et ceux qui en sont privés, à celles et ceux qui sont les premières et principales victimes de la logique du capitalisme, on ne changera rien.

Ce qui doit animer toutes les volontés et tous les engagements, c’est de favoriser l’expression directe, en intégrant les difficultés que cela représente, de celles et ceux qui ont un intérêt vital aux changements et qui sont généralement privé de tout, et surtout de l’essentiel.

Nous voulons changer le monde, avec vous, en partant de ce que nous sommes, chômeurs, précaires, R’MIstes, pauvres, sans papiers, sans toit, sans droits et nous pensons sincèrement que vous ne le changerez pas durablement et dans la cohésion sans nous.

Changer le monde, c’est commencer par la proximité la plus immédiate, c’est ne pas accepter l’inacceptable, c’est empêcher les expulsions, les saisies, les coupures, les reconduites à la frontière de sans papiers.

Changer le monde c’est intervenir dans son usine, son atelier, sa fac, son chantier, son service, son lycée ou son école mais c’est aussi être présent dans son quartier, sa cité, son immeuble, dans les transports en commun.

Changer le monde c’est être tout de suite avec celles et ceux qui crèvent et pas être aux côtés, seulement par solidarité, mais parce que c’est la première condition incontournable à tout changement, à toute alternative crédible.

Pas sans nous et pas en notre nom !

Une association pour résister

L’APEIS (Association Pour l’Emploi, l’Information et la Solidarité) s’est créée en 1987 pour lutter contre le non–respect des droits des chômeurs.
La succession des batailles que nous avons menées depuis 15 ans a permis de développer un mouvement des chômeurs aujourd’hui reconnu, permettant enfin que les chômeurs prennent la parole, expriment leur ras-le-bol, témoignent du parcours du combattant que représente cette situation de misère et d’exclusion.

Notre association active dans près de 20 départements joue un rôle de révélateur, de poil à gratter social, de contre-pouvoir, d’empêcheur de ronronner même si cela dérange, surtout si cela dérange. Ce que nous portons, ce que nous révélons n’est pas à la marge. Quand nous luttons pour que chacune et chacun aient un rôle, une place dans la société, ce n’est pas pour demander un quelconque statut de pauvre ou de chômeur, mais pour exiger l’égalité d’accès aux droits.

Avec l’APEIS, faire pour ne pas laisser faire !


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APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr

 

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