Assez de mépris
Recherche
Accueil > APEIS > L’APEIS dans les médias. > Les chômeurs sortent de (...)
APEIS
Les chômeurs sortent de l’ANPE, mais pas du chômage

Le collectif Autres chiffres du chômage dénonce l’augmentation des radiations.


Pari réussi pour le collectif Autres chiffres du chômage (ACDC), réunissant chercheurs et militants associatifs et syndicaux (1) : désormais le rendez-vous est pris pour rendre public chaque mois, juste avant la sortie des chiffres « officiels » du chômage, leur décryptage « alternatif » des statistiques. Après une première conférence de presse fin décembre dénonçant l’existence de 2,3 millions de « chômeurs invisibles », s’ajoutant aux 2,1 millions recensés par l’ANPE, le collectif a présenté hier matin sa deuxième note, consacrée aux « sorties des listes de l’ANPE ».

« où vont ces chômeurs ? »

« Depuis début 2005, le taux de sortie des chômeurs des listes entre le début et la fin du mois bat des records », a lancé Thomas Coutrot, du réseau d’alerte sur les inégalités. Ainsi, chaque mois, 16,8 % des demandeurs d’emploi inscrits (toutes catégories confondues) ne le sont plus à la fin du mois, contre 15 % fin 2004. Un tel bond a déjà été observé lors de périodes de fortes créations d’emplois, mais sur 2004-2006, cette explication ne tient pas puisque le taux de créations d’emplois est de 1 % seulement. « Alors où vont ces chômeurs ? Pas massivement vers l’emploi », concluent les chercheurs, qui ont analysé l’enquête trimestrielle de l’ANPE sur ces « sortants » des listes.

En 2005-2006, 26 000 chômeurs supplémentaires sont en moyenne sortis chaque mois des listes, par rapport à 2003-2004. Sur ce total, les auteurs de la note soulignent que seulement 5 000 sont allés vers un emploi ou une formation. Ce type de sortie a progressé de 2 % seulement par rapport à 2003-2004. Sur les 21 000 restants, 3 000 correspondent aux radiations qui ont bondi de 39 % sur la période et 11 000 aux « non-renouvellements d’inscription » qui ont progressé de 30 %. Ce dernier motif de sortie regroupe à la fois des chômeurs en fin de droits ne voyant plus l’intérêt de s’inscrire à l’ANPE (les « déboutés »), et des chômeurs lassés de l’augmentation des convocations et des contrôles, qui préfèrent ne plus subir cette pression puisque l’ANPE ne leur fournit pas de travail (les « dégoûtés »).

Ainsi, le PARE en 2001, puis le décret d’août 2005 qui a instauré un nouveau système de sanctions et le suivi mensuel des demandeurs d’emploi ont contribué à alléger les statistiques du chômage...

Enfin, 4 000 sorties supplémentaires correspondent à des « défauts d’actualisation suivis d’une réinscription ». Les chômeurs doivent en effet signaler chaque mois leur situation à leur ASSEDIC. Jadis, ils recevaient un courrier mais aujourd’hui ils doivent y penser eux-mêmes et la relance en cas d’oubli a été retardée, ce qui ne leur laisse que très peu de temps pour s’« actualiser ». « Sortir des listes ANPE signifie de moins en moins sortir du chômage », a conclu Thomas Coutrot, pour qui « la baisse du chômage affichée par l’ANPE traduit plus un changement de comportement de l’ANPE elle-même et des chômeurs qu’une baisse réelle du chômage ». ACDC dénonce l’« intensification des pressions sur les chômeurs, alors que le nombre d’emplois à disposition n’augmente pas ».

L’insee invoque des raisons techniques

Le collectif a aussi donné sa position sur le report par l’INSEE à cet automne - après les élections - de la révision annuelle du taux de chômage, qui aurait dû être publiée avant fin mars.

L’INSEE a invoqué des raisons « techniques » (un fort taux de non-réponses) mais, pour le collectif, « tout porte à penser que le problème n’est pas tant dans la technique que dans les résultats trouvés, qui pourraient montrer que le chômage au sens du BIT est loin d’avoir autant baissé que les statistiques de l’ANPE ». D’après le Canard enchaîné, cette révision ferait apparaître un taux de chômage de 9,2 % au lieu de 8,7 % pour 2006. De quoi casser la belle vitrine du gouvernement.

(1) ACDC regroupe les associations de chômeurs AC !, APEIS et le MNCP, le Réseau d’alerte sur les inégalités, le réseau Stop précarité, les syndicats SNU et SUD de l’ANPE, la CGT de l’INSEE.

Fanny Doumayrou


Vers le haut de la page

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr

 

Plan du site |  Espace privé |  Nous écrire | Soutenir l’APEIS | 

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr