Assez de mépris
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Le grand écart

Entre la réalité d’une situation et les réponses obtenues par le mouvement, l’écart persiste. L’urgence aussi.


Corrélation ? Le FMI dénonce les aides financières accordées aux chômeurs, considérées par les financiers comme des dépenses « passives ».
Depuis 1980, fait sans précédent dans l’histoire de la solidarité, les prestations chômage ont stagné entre 5 à 7% des dépensesde protection sociale, tandis que le nombre des chômeurs était multiplié par quatre. Depuis 1973, l’économie a perdu autant d’emplois qu’elle en créait. Les seuls emplois nouveaux de cette période, environ 3 millions, ont été aidés pour un montant équivalent au coût du maintien du système précédant d’indemnisation du chômage, aides dont il est de plus en plus évident qu’elles constituent des subventions au patronat : l’allégement des charges sociales revient à près de 40 milliards pour 1995.
Les conséquences sont en train de tuer le système français de protection sociale. Les ordonnances de M. Juppé donnent le coup de grâce, instaurant, pour mieux asseoir une société duale l’assistance en lieu de solidarité...
Et vient l’explosion.

Jospin s’engage
M. Jospin contraint de s’adresser à des citoyens qui lui demandent des comptes, s’engage sur cinq points :
1)lndexer les allocations de solidarité spécifiques (ASS) sur le coût de la vie ;
2) Accorder un effortsupplémentaire aux chômeurs de longue durée dans les situations les plus difficiles ;
3) Assurer, au delà des 3% initiaux, le rattrapage intégral de l’ASS, qui n’avait pas été revalorisé par l’ancien gouvernement depuis 1994.
4) Faciliter le « passage des situations d’assistance » vers l’emploi, tout en permettant à ceux qui trouvent un travail de « garder transitoirement un certain nombre des avantages liés aux allocations » ;
5) Doter le projet de loi sur les exclusions des moyens nécessaires à sa mise en œuvre.

Il charge Mme Join Lambert, inspecteur général des affaires sociales de mettre à plat l’ensembledu système d’aide aux sans emploi et d’établir un diagnostic. Fort de son rapport, « le gouvernement prendra ses responsabilités ».

La réalité face aux mesures annoncées
Unies par le mouvement qui les porte, les associations des chômeurs et précaires, reçues pour la première fois à Matignon, suivent les étapes du diagnostic à mesure qu’il s’établit, confrontant les réalités aux mesures annoncées.

Deux réunions restaient à l’ordre du jour, plus précisément consacrées à l’indemnisation du chômage et aux jeunes, lorsqu’on un communiqué commun à l’issue d’une deuxième réunion. AC !,1’APEIS. la CGT-Chômeurs et le MNCP ont rappelé la détermination des premiers intéressés à poursuivre le mouvement. Sur le terrain, les mesures d’urgence ont du mal à tenir compte des faits : le service public affaibli par les logiques d’austérité, est dépassé par la situation. Le désengagement de l’Etat marquant ces dernières décennies a ses conséquences : le refus de certaines Mairies de prendre les dossiers, par exemple.
Reste qu’au 30 janvier 1998, 207 170 dossiers de demande d’urgence auraient été déposés, 46 114 acceptés, 13 255 réorientés vers d’autres dispositifs et 8 082 refusés, les autres devant être prochainement traités avec pour seul critère l’urgence sociale. Ce qui ne doit pas impliquer une enquête sociale ordinaire. Aucun blocage à la transparence du dispositif n’interviendra pour les associations, qui, pour autant, ne sont pas admises lors des prises de décisions par les Commissions.

Une demande sans réponse
La demande de doublement du milliard de M. Jospin pour répondre à l’urgence, reste sans réponse. Dans leur communiqué, les associations précisaient à nouveau l’exigence du mouvement qui les porte.
Le débat sur les minima sociaux ne peut être dissocié ni de l’indemnisation chômage, ni de son financement, ni de la précarisation du travail. Une revalorisation immédiate de l’ASS et du RMI, une allocation pour les jeunes, s’imposent à toute justice, tout comme l’exigence d’un droit individuel, et non soumis aux ressources du foyer.Rien ne doit être déduit de ces sommes ; ces minima ne doivent plus être différentiels, ce qui suppose de saisir le Parlement sur la loi régissant le RMI.
Le respect de la vie de chacun suppose la suppression des enquêtes de voisinage etdomiciliaires et la suppression de la loi sur le contrôle des chômeurs. Pour une réalité du droit à l’insertion, représentation des associations dans les CLI et commissions de recours. En cas de contentieux, poursuite des versements ; droit de reprendre ses études pour chacun...
Enumération ? Autant de revendications, autant de points ouverts pour une bouffée d’oxygène indispensable à la vie de tous !

Hélène Amblard


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