Avec l’Apeis, plus jamais seul !
Recherche
Accueil > APEIS > L’APEIS dans les médias. > L’humanité (des débats) - (...)
APEIS
L’humanité (des débats) - Nos vies, c’est aujourd’hui que nous les vivons

Par Philippe Villechalane, porte-parole de l’APEIS.

Quelle(s) priorité(s) politique(s) et sociale(s) ?


La période électorale et même préélectorale est propice aux projets, aux programmes et plus encore aux déclarations et aux discours, de façon récurrente depuis maintenant une bonne vingtaine d’années, la préoccupation principale est le chômage (talonné il est vrai depuis quelque temps par la sécurité). Ils se promettent de le réduire, vont oeuvrer à le faire baisser, s’inquiètent des plans dits sociaux, des licenciements et du développement de la précarité, ils proposent des solutions radicales et/ou des mesures qui, promis, juré, seront efficaces. Et puis les élections passent, le nombre de chômeurs est de cinq millions, de moins en moins sont indemnisés, les travailleurs pauvres sont au bas mot sept millions, et le reste de la situation sociale est bien évidemment à l’avenant.

Nous ne pensons pas qu’il s’agisse de la fatalité dont ils nous rebattent les oreilles, de la concurrence, de la mondialisation, nous en voulons pour preuve que les richesses produites n’ont jamais été aussi importantes, que les dividendes aux actionnaires augmentent chaque année, que les salaires et autres parachutes dorés, comme ils disent, des grands patrons deviennent pharaoniques. Pas non plus qu’ils se satisfont de la situation, mais comme ils ne veulent pas s’attaquer aux racines du mal et taper dans les actions et les profits qui ne cessent de grimper, ils ne peuvent bien sûr rien et versent quelques larmes de crocodile sur ces pauvres malheureux ou sur ces malheureux pauvres. Alors dans ce contexte politique, quelle(s) priorité(s) ?

La question est vaste, les réponses multiples tant elles dépendent de différents paramètres. D’abord du lieu d’où l’on se pose la question, de notre situation, de nos expériences, de notre degré de conscience, de nos croyances ou de la philosophie qui peut nous porter, de ce que l’on sait ou croyons être nos besoins, y compris vitaux. Du rapport que nous avons aux autres et donc à nous-mêmes, de notre capacité à être des acteurs collectifs, y compris pour que cela ait des effets sur chaque individu dont nous-mêmes ou des partisans de l’individuel sans volonté collective, revenu de tout et parfois même du reste.

Est-il possible de classifier les urgences ? Pour certains, l’inacceptable, c’est que des femmes et des hommes se retrouvent à la rue (plus de 800 000 femmes et hommes sont ou ont été sans domicile fixe), pour d’autres, c’est que des jeunes se retrouvent sans perspectives, pour d’autres encore, c’est que des vieux soient dans la misère.

D’aucuns penseront que le scandale des scandales, c’est que des millions de salariés gagnant le SMIC et moins que le SMIC se retrouvent dans la pauvreté, pour certains autres, l’intolérable, c’est l’expulsion des sans-papiers.

Nous ne sommes pas en capacité de hiérarchiser la douleur, la souffrance, l’angoisse et le désespoir, et c’est tant mieux, mais nous pensons qu’il y a un point de départ, un détonateur à toutes ces vies en miettes piétinées par le MEDEF et les actionnaires, il s’agit de leur féroce volonté de faire baisser le prix du travail. Pour y parvenir, tous les coups, y compris les plus bas, sont permis : casser l’école, sacrifier la planète, faire croître les questions de l’insécurité sociale pour ne dénoncer que l’insécurité qui leur permet de justifier la société du tout-répressif. La terrible réalité, c’est que le chômage ne baisse pas, ce qui baisse, c’est le nombre de chômeurs comptabilisés. Les femmes et les hommes mal logés ou sans domicile fixe se comptent par millions, la pauvreté, même pour celles et ceux qui ont un emploi, devient endémique. Et ne croyons surtout pas que nous ne sommes pas concernés, que nous n’en sommes pas là, que nous sommes différents, c’est ce que se sont dit des millions de chômeurs et de pauvres qui ne pouvaient pas penser que cela leur arriverait, mais nous sommes confrontés à une logique qui en épargnera peu si nous ne sommes pas en mesure d’inverser la tendance, de mettre un coup de pied dans le cul de la réalité économique pour enfin déculpabiliser les victimes.

Pour la quatrième année consécutive, les organisations de chômeurs manifestent le premier samedi de décembre contre le chômage et la précarité, c’est l’occasion de prouver que l’on refuse la fatalité, et d’affirmer qu’il est temps, plus que temps même, de chercher et de trouver ensemble des solutions pour chacune et pour chacun. Nous en avons marre du débat « de l’oeuf et de la poule » pour savoir s’il s’agit d’agir sur les causes ou sur les effets, il faut évidemment s’attaquer aux causes, mais quelle meilleure façon que de partir des effets, du vécu, du réel ? Nos vies, c’est aujourd’hui que nous les vivons. Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?

Rendez-vous samedi 2 décembre, à 14 heures, place de la République, à Paris.


Le Web de l’Humanité : Nos vies, c’est aujourd’hui que nous les vivons - Article paru le 25 novembre 2006

Vers le haut de la page

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr

 

Plan du site |  Espace privé |  Nous écrire | Soutenir l’APEIS | 

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr