Assez de mépris
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L’Humanité (l’invité de la semaine) - Toujours têtus !

Les causes nous les connaissons tous : les appétits féroces du grand patronat et des actionnaires et les moyens dont ils disposent sont les licenciements, le recours à la précarité, les délocalisations, les arnaques aussi parce que certains ont compris qu’ils pouvaient obtenir des aides, des subventions, des terrains gratuits, des aménagements sur les cotisations sociales qu’ils appellent charges. Les effets, ce sont des millions de vies en miettes qui sont trop souvent des survies, la peur, la honte de ne pas trouver de place, de ne pas avoir de rôle, d’utilité sociale, c’est aussi chaque jour lutter pied à pied pour ne pas totalement basculer, se nourrir et garder un toit au-dessus de la tête.

Oui, il faut s’attaquer aux causes mais si cela se fait sans se préoccuper des effets, et donc du réel, de la vraie vie, de ce que cela représente en termes humains, on se coupe du meilleur moyen de réussir. Parce qu’ils n’hésitent pas, les grands penseurs du capitalisme. Ils ont ces dernières années réussi à stigmatiser et à culpabiliser les victimes. C’est un beau tour de force, et cela est rendu possible parce que les conditions de travail et les salaires de misère le permettent. Ils ont compris cela : faire s’opposer celles et ceux qui ont les mêmes intérêts.

Parce que le nombre de chômeurs ne baisse pas, ce qui baisse, ce sont les chômeurs comptabilisés et les chômeurs indemnisés à force de convocations, de contrôles et de radiations, et ce qui augmente un peu, comme dans le principe des vases communicants, ce sont les profits et les dividendes.

Ainsi en vingt-cinq ans les richesses ont augmenté de 70 % avec une masse salariale qui a baissé de 10 %.

Toutes ces questions ne concernent pas que les chômeurs, ils ne sont au final qu’un miroir, parfois déformant. Les laisser martyriser toute une partie de la population ne nous protégera pas, bien au contraire. Rappelez-vous de Louis Nedermeyer : « Quand ils sont venus chercher [...], je n’ai rien dit parce que je n’étais pas [...] et quand ils sont venus me chercher il n’y avait plus personne pour me défendre. »

Les questions que révèle le chômage et, en cascade, toutes les formes de pauvreté et d’urgence ne sont pas une priorité mais un préalable. Comment imaginer construire une autre société si on ne tient pas réellement compte de celles et ceux qui sont déjà comme éliminé(e) s, aux noms de principes aussi factices que l’économie, la concurrence ou la mondialisation.

C’est une des raisons qui nous fait refuser le terme même d’exclusion et par conséquent d’exclus, pourquoi donc me direz-vous et bien à demain et bonne journée.

www.apeis.org

Philippe Villechalanne
Président de l’Association pour l’emploi, l’information, la solidarité des chômeurs et des travailleurs précaires (APEIS).


Le Web de l’Humanité : Philippe Villechalanne - Article paru le 6 décembre 2006

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