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L’Humanité - « Le CPE nous réunit dans un rejet commun de la précarité »

Un échange sur le campus de Talence entre étudiants et jeunes précaires confirme leur convergence d’intérêts.

Talence (Gironde), correspondant régional.


« Certains aimeraient bien voir un fossé se creuser entre les jeunes étudiants et les jeunes chômeurs ou précaires des quartiers populaires, ils vont être déçus », lance Sylvain. « On peut même dire que le CPE est un anti-fossé entre les uns et les autres puisqu’il réunit dans un rejet commun de la précarité les intérêts des uns et des autres », ajoute Clément. Le premier, vingt-trois ans, accumule depuis quatre ans des périodes de chômage et des contrats courts CDD d’une durée variant de quinze jours à six mois chez trois employeurs successifs. Aujourd’hui, après avoir été vendeur, puis salarié dans le bâtiment, il occupe un poste de veilleur de nuit dans un centre d’enfants en difficulté. « Et ce ne sont pas les CPE qui vont répondre aux besoins des jeunes dans ma situation. » Le deuxième, vingt et un ans, étudie en licence de sociologie à l’université Bordeaux-II. Membre du comité de mobilisation, et militant à l’UEC, il se dit particulièrement satisfait de l’assemblée générale tenue mardi après-midi dans sa faculté et à partir de laquelle cette université comme trois sur quatre en Gironde est maintenant bloquée pour exiger le retrait du CPE.

Hier matin sur le site de l’IUT carrières sociales et celui de l’université Bordeaux-III, Sylvain et Clément participent à une rencontre avec Anaïs, Thomas, Nicolas, tous trois étudiants à l’IUT. Également, avec Rémy étudiant en sociologie à Bordeaux-II, Mathieu en histoire à Bordeaux-III, mais aussi Patrick Gimond, animateur de l’APEIS en Gironde. Ce dernier, invité par les étudiants en lutte, est déjà intervenu ces derniers jours dans des réunions débats à l’IUT sur les causes du chômage et de la précarité. Questions au menu de cet échange informel : « Entre précaires, chômeurs et étudiants, les jeunes sont-ils divisés ? Leurs intérêts divergent-ils ? »

Anaïs explique que son travail après l’IUT se concentrera pour l’essentiel en direction des personnes en difficultés sociales. « Or, nous savons, et nous avons demandé à des juristes de nous expliquer sur le fond le contenu de la loi, que les CPE, et les CNE ne peuvent qu’enfoncer encore plus toutes ces personnes dans la précarité. » C’est contre cela, insiste-t-elle, qu’on se bat aujourd’hui.

Que l’on arrête de dire, souligne Thomas, que le monde étudiant serait éloigné du vécu des jeunes précaires ou au chômage. « Comment taire que 52 % des étudiants sont obligés de travailler pour payer leurs études. » C’est le cas de Nicolas qui, pendant trois ans, a stoppé sa formation pour occuper des petits boulots successifs avant de revenir à l’IUT. Une sensibilisation particulièrement forte sur ces enjeux sociaux explique sans doute pourquoi l’IUT carrières sociales de Talence a été le premier établissement universitaire girondin entré dans l’action depuis quatre semaines par la grève puis le blocage.

Les uns et les autres notent que c’est toute une génération, que l’on soit étudiant ou salarié précaire, ou au chômage, qui s’inquiète fortement de son propre avenir. Dans ce contexte, ils refusent toute tentative de division. « On n’est pas dupe, réagit fortement Thomas, le gouvernement tente d’opposer les universités aux banlieues, alors qu’il veut vendre toute une jeunesse pour le compte de la compétitivité. » Quant à Mathieu, il avertit : « Nous savons les difficultés objectives dans un monde en mouvement, mais nous ne sommes pas prêts à souffrir toujours plus de précarité pour que quelques-uns s’enrichissent d’avantage. » Ils veulent précariser l’ensemble de la société, explique Patrick Gimond. « Cela fait vingt-cinq ans maintenant que l’on va de « moindre mal » en « moindre mal », et qu’il y a de plus en plus de pauvres, de précaires, de chômeurs et d’étudiants en difficultés. »

« Au-delà du CPE, remarque Anaïs, c’est tout un ras-le-bol général que veulent exprimer les uns et les autres. » Ici sur le campus de Talence, tous espèrent vivement que les manifestations d’aujourd’hui et de samedi rassembleront largement, bien au-delà des universités, des situations sociales et des générations. « Oui vraiment, il faut qu’on se rencontre », souhaite vivement Sylvain à l’issue de cette discussion.

Alain Raynal


Le Web de l’Humanité : « Le CPE nous réunit dans un rejet commun de la précarité » - Article paru le 16 mars 2006

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