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Europe, mère blafarde...

L¹Europe se défend. Elle défend ses frontières au Maroc, dans les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla. Là-bas, le grotesque d¹une situation coloniale lilliputienne le dispute à la sottise homicide.


Un gouvernement socialiste a érigé des barrières barbelées pour interdire l¹accès de son territoire aux pauvres venus d¹ailleurs. Le confort, à défaut de la prospérité, ne se partage pas. Le gouvernement espagnol prétextera la légalisation récente des clandestins pour, en quelque sorte, justifier ses actions présentes. On contient le dénuement aux portes d¹une Europe assiégée par les barbares, dont le principal défaut consiste, comme l¹a fait remarquer un des hommes refoulés dans le désert, à être pourvu d¹une peau noire. Ainsi, on n¹échappe pas à sa condition.

Le racisme, aujourd¹hui, prend des couleurs d¹État.

Que penser, par exemple, d¹un gouvernement social-démocrate qui décide que des Indiens sont les bienvenus en Allemagne, pour une durée déterminée, six mois, s¹ils apportent leur compétence en matière informatique ? Le pillage des pays émergents continue et emprunte l¹aspect d¹un apartheid à visage humain.

Que penser d¹un ministre de l¹Intérieur français qui déclare, sans sourciller, et sans doute avec les meilleures intentions du monde, qu¹il y aurait de bons et de mauvais immigrés ? Je simplifie pour qu¹il comprenne.
Que penser de l¹assimilation faite entre des couches dépourvues de tout y compris de perspectives et la dangerosité qu¹elles impliqueraient d¹office ?
Car il est bien connu qu¹un étranger indésirable est avant tout un délinquant et qu¹on peut, quand on ne le doit pas, le traiter en criminel dès qu¹il aborde ou franchit les frontières d¹une Europe égoïste.

Il se passe de drôles de choses aux pays des droits de l¹homme. On punit, on emprisonne, on déporte, on tue au nom de principes qui n¹ont de valeur que virtuelle et invocatoire.

On prétend pallier le sous-développement de l¹Afrique en fournissant des aides qui fructifieront à long terme.

Cela me rappelle les incendies de Paris et la démonstration calculée en pourcentage d¹un responsable de la ville disant que la gauche avait mieux fait que la droite pour le logement des familles africaines. Jolie pensée.
Bel argument.

Beau tableau de chasse.

Ce n¹est pas « demain » que les pauvres souhaitent vivre, c¹est aujourd¹hui.
C¹est aujourd¹hui que le malheur les assaille. Les programmes de développement, indispensables, n¹excluent pas que des femmes et des hommes venus des confins travaillent sous nos latitudes. Il faudrait y songer, ils
contribuent ainsi à enrichir, relativement certes, leur pays, à nourrir leurs familles quand ce n¹est pas un village et, de surcroît, pour parler en termes cyniques, ils participent à la richesse de l¹empire. Les bâtisseurs
du Stade de France représentaient soixante nationalités. Et la question du chômage, pudiquement surnommée de l¹emploi, masque la question des profits.

L¹État espagnol ne se souvient plus des périodes noires où ses propres ressortissants gagnaient des pays voisins pour subsister. La politique qu¹il soutient s¹exempte de morale. Et qu¹est-ce une politique dénuée de morale, sinon une imposture.

Des boat people naufragent en vue des côtes ibériques. Il y a eu un cochon gouvernemental, je crois, qui, il n¹y a pas si longtemps, déclarait, près de cadavres alignés sur une plage, qu¹il faudrait expliquer à ces intrus qu¹ils n¹avaient rien à faire ici et qu¹ils avaient la tête dure s¹ils ne le comprenaient pas. Des hommes bravent le froid, les distances et se noient à quelques encablures d¹un paradis convoité et presque imaginaire.

Des milliers d¹hommes préfèrent risquer la mort en escaladant des murs de la honte et l¹Espagne, rempart de l¹Europe, se drape dans le manteau d¹un droit aussi pourri que cannibale, avec des mines d¹infante offusquée.

À Séville, des Espagnols ont exprimé leur indignation et leur solidarité, une fraternité immédiate déjouant le calcul des quotas. On ne contingente pas sa part d¹humanité car lui fixer des limites, c¹est la proscrire et la déserter.

Il est grand temps de révolutionner cette société où le soleil ne brille pas pour tout le monde, pour ces hommes comme pour nous...

Par Denis Fernàndez Recatalà, écrivain.


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