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Europe à qui et Europe pourquoi ?

L’Europe que nous souhaitons, et qui est même nécessaire et même indispensable à l’ensemble des peuples est à des années lumières de ce qui continue d’exister et de se mettre en place à Bruxelles.


Malgré des effets d’annonce sur l’Europe sociale, sa volonté déclarée de lutte contre le chômage et la pauvreté, l’égalité et les pseudos bonnes intentions, nous sommes persuadés que ce qui se met en place n’est rien d’autre que l’Europe du capital et comme nous le disions à Bruxelles en 2001, que c’est du zéro social.
Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une quelconque mauvaise approche de la situation ou d’une erreur d’appréciation, mais tout simplement de la logique qui domine aux destinées politiques complètement inféodées aux intérêts économiques et donc des grands patrons et des actionnaires.
Depuis de longues années, à l’initiative des associations de chômeurs, existent les Marches européennes, cette organisation a été, est et sera de tous les combats, elle est irremplaçable, car elle permet des convergences entre les différents pays européens.
C’est essentiel car il faut aller, c’est obligatoire sur le terrain mondial, avec celles et ceux qui sont les plus victimes du système qui domine partout sur la planète et qui crée autant de misères que de profits comme dans des vases communicants.
Il est vrai que les Marches européennes sont en difficultés, comme le sont quasiment toutes les organisations que l’on dit des « sans », celles et ceux qui traitent quotidiennement des multiples urgences qui font de nos vies et de celles de millions d’entre nous des survies, sans avenir et sans perspective.
Mais il me semble que la condition indépassable à la bonne santé d’une organisation européenne et aussi mondiale est le niveau de développement et donc du rapport des forces dans chacun des pays et donc de chacune des organisations.
Car aller sur l’européen et le mondial sans se garantir durablement et de façon efficace de nos assises pour ce qui est de nos proximités, ressemblerait à une fuite en avant, à une sorte d’aveu d’impuissance.
Nous devons être les plus forts possibles pour faire face aux patrons, aux actionnaires et aux différents gouvernements d’Europe et de la planète, mais pour y parvenir nous devons être les plus forts possibles dans nos pays respectifs et dans les secteurs d’activités qui sont les nôtres, chômage, logement, emploi, revenu, papiers, santé, droits.
Il n’y a plus de frontières pour les biens, les marchandises, pour les transactions financières et les profits, mais il en reste de réelles, de plus en plus imperméable pour les hommes et les femmes.
Il convient d’avoir une organisation comme les Marches européennes qui puissent intervenir au niveau européen puisque aujourd’hui, une grande partie de nos vies est décidée par l’Europe, aussi pour rencontrer d’autres organisations qui luttent partout, sur tous les continents, partout sur la planète.
D’autant que sa force est de ne pas être institutionnalisée, qu’elle reste un véritable contre pouvoir, et pourtant nous devons dans le même temps tout faire pour qu’elle obtienne les moyens de son existence.
Ne pas laisser faire, ne pas accepter l’inacceptable dans son environnement immédiat c’est contribuer à résister partout et pour tous, ce qu’il faut unir ce sont nos forces et non pas nos faiblesses et nos incapacités.
Ce qui ne se fera pas ici ne se fera pas ailleurs, par contre si on réussi à faire ici, a peser dans le rapport de forces, tout est possible et devient même indispensable ailleurs, de l’autre côté de la montagne ou de l’océan, partout où les hommes et les femmes sont asservies sans justice, sans égalité et sans droits.
En réalité je ne me sens pas plus européen que je ne me sens français, même si je le suis effectivement, je me sens citoyen du monde, et il me semble que la meilleure façon de résister efficacement est de combattre pied à pied, ici, pour ce qui me concerne, là et ailleurs pour d’autres, sur son lieu d’activité, dans son immeuble et sur son quartier, dans les transports en commun.
En tous les cas je ne me reconnais pas dans cette Europe qui va continuer à tirer les droits sociaux vers le bas dans le seul et unique objectif de faire encore et toujours baisser le coût du travail pour augmenter à l’autre bout les profits de quelques patrons et actionnaires.
Nous nous reconnaissons au contraire dans les marches européennes qui contribuent à ce que les « sans » et d’autres dont les intérêts sont convergents, se rencontrent, échangent, cherchent, élaborent, pensent, revendiquent, combattent ensemble

Philippe Villechalane,
Porte parole de l’Apeis.


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