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Cachan, Val-de-Marne

Au cœur de la cité universitaire de l’École Normale Supérieure, le Bâtiment F détonne. Une longue barre de béton de cinq étages qui surplombe le campus flambant neuf. Laissé à l’abandon par le CROUS et promis à la
démolition pour laisser place à un parking, il est occupé depuis un an par un millier de personnes. Ce sont les « 1000 de Cachan », originaires pour la plupart d’Afrique (Côte d’Ivoire, Mali, Cameroun...) et du Maghreb. 50% sont en situation irrégulière, 20% sont en cours de régularisation. Les 30% restant sont en situation régulière, mais n’ont pu trouver de logement décent.

Beaucoup vivent en famille, à 4 ou 5 par chambre, avec des enfants en bas âge, des femmes enceintes et des malades. Le CROUS a laissé faire. Mais depuis le 14 avril, la vie du squat est suspendue à l’exécution del’ordre d’expulsion émis par le TribunalAdministratif après l’établissement d’un constat d’insalubrité. Or aucune solution de relogement n’a été proposée. Les 1000 de Cachan se sont donc organisés en collectif afin de se faire entendre des pouvoirs publics et un comité de soutien est né avec l’Apeis, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, ATTAC, le GISTI, Droit au Logement, la LCR, Citoyens à L’Hay, Décidons Notre Ville

L’expulsion devait avoir lieu courant août mais devant la mobilisation, la préfecture l’a repoussée de 6 mois. Six mois durant lesquels lesquels va être mis en place un vaste recensement des habitants, recensement qui risque fort de déboucher pour entre eux sur un arrêté de reconduite à la frontière...

Malgré l’angoisse de se voir un matin jetés dehors, les résidents du Bâtiment F s’efforcent d’entretenir les lieux. Ils se sont cotisés pour remplacer les éclairages des parties communes ainsi que toute la tuyauterie des douches. Les soirs et les week-end, tous s’attellent à tour de rôle aux travaux de peinture, réparation, nettoyage...

Caroline Doutre

Loger, héberger : un impératif national

Cachan c’est mille personnes (deux-cent enfants compris) qui après des mois de galère, n’ont pas eu l’idée d’aller atterrir ailleurs que chez nous. C’est des hommes et des femmes des gosses aussi, c’est les « ils ne sont pas d’ici », « on en a déjà trop », « faut pas qu’ils restent içi », c’est les « il faut qu’ils aillent ailleurs »...
C est un endroit ou on se marre, ou on s’engueule à haute voix.

C’est a la fois des « sans papiers », ou des « avec papiers ».
Cachan c’est 29 nationalités, presque tous les corps de métier.

C’est plein de couleurs et d’odeurs.

C’est un lieu où ceux qui n’ont que cet espace s’organisent pour defendre leur toit, tenter de se faire entendre.
C’est avant tout un endroit ou ont s’entasse après des journée de travail dans des conditions difficile, honteusement sous payées.

Cachan c’est des hommes et des femmes, des gosses aussi qui, pour rester ici ou pas loin, attendent et subissent toutes les réflexions, les vexations.

Cachan c’est aussi des gens d’ici qui n’ont pas pu aller ailleurs, c’est des gens que personne ne veut connaître, c’est une source d’emmerdes pour le maire, un calvaire pour les travailleurs sociaux.
Cachan c’est ceux dont l’Etat se fout, et les autres aussi car même avec des papiers ces gens-là ne votent pas.Le constat s’impose à tous, après des année de laisser-aller, des années ou tous les prix ont augmentés : les loyers HLM, le prix de la terre, la spéculation immobilière qui a créé une telle situation de pénurie...
Ansi, dès dix heure du matin, le centre départemental d’accueuil et d’information en charge de ces situations et auquel s’adressent les professionnels est déjà saturé.

Les assistants sociaux sont donc conduits à bricoler toutes sortes de solutions précaires totalement insatisfaisantes en les faisant accueillir à l’hôtel, dont l’aide sociale à l’enfance constitue le principal soutien financier.

C’est dans ce contexte que le règlement de la situation des 1000 de Cachan se pose.

Le CROUS en charge du bâtiment a laissé s’installer une situation qui révèle l’insuffisance et l’urgence des situations à traiter.
Personne ne s’évanouit dans la nature et les pouvoirs publics ont longtemps cru qu’en laissant la situation se dégrader,les gens finirait par se caser autre-part. Y’a pas d’autre-part lorsqu’on est sans le sous, noir, maghrébin.

On ne peut pas dire que le devenir de ces populations
particulièrement fragiles préoccupe les pouvoirs publics,
c’est vrai au niveau de l’État, c’est vrai pour les élus locaux, départementaux et régionaux. Ces gens qui viennent
de partout et même d’ici pour un certain nombre, sont de trop partout.
On ne combat pas la misère en chassant les misérable.

Malika Zédiri


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