Quel avenir ?
Recherche
Accueil > Dossiers > Quand les pauvres s’y mettent > Au coeur du mouvement... (...)
Dossiers
Au coeur du mouvement... Témoignages

"Je fais pour d’autres ce que l’on a fait pour moi".
Jean-Marc, 28 ans (93).

Actuellement, je suis hébergé ; je n’ai pas les moyens de
payer un loyer ! Je suis rentré à la DASS à deux ans. Jusqu’à mes onze ans, j’ai été placé dans une famille d’accueil. A l’école, j’étais un peu dur. Quand on m’a renvoyé du collège, en sixième, on m’a mis dans un foyer à Frane-le-Château, une ancienne maison de correction. J’ai fait deux ans d’armée et suis allé travailler dans la sécurité à Monaco. Ça n’allait pas. Je suis allé habiter en foyer de travailleurs à Nice, mais je n’avais pas de voiture, j’ai du laisser mon travail. Je suis allé à
Perpignan, je travaillais dans une société de gardiennage. Ensuite, je ne savais plus où aller ; Paris, c’était un peu le rêve. J’étais toujours agent dans une société de
gardiennage en intérim ou au chômage. Il y a un an et demi, j’ai rencontré l’APEIS au foyer. J’ai appris beaucoup de choses sur le chômage, les démarches et maintenant, je fais pour d’autres ce qu’ils ont fait pour moi : tout ce que je peux. J’ai un brevet national de secourisme et j’aimerais devenir ambulancier. Il me faudrait la formation adéquate mais elle coûte chère. Si la société pense qu’il est utile d’avoir des ambulanciers ; si elle payait ma formation, ce serait formidable !

"Si tout le monde s’y met, on peut y arriver".
Claudine Jego, 41 ans, Lanester (56)

Quand j’étais petite, mon espoir était d’avoir un peu
d’argent pour avoir un avenir. Je voulais un travail pour ne pas être au chômage, ni à la rue, je voulais vivre.
J’ai six enfants. Je me suis mariée à quinze ans avec un menuisier de vingt ans. Il est resté cinq ans en maladie. Mon deuxième mari était carreleur, mais sans emploi.
Pour vivre, nous avions l’allocation spéciale de 2220 francs par mois. Nous avons eu deux enfants. Je suis entrée en catégorie C, entre 50 et 79%, apte au travail. Avec les copines, voilà des années que je cours après des bons alimentaires, des aides. On nous refoule, pas moyen de s’en sortir. Les fonds sociaux, jamais je n’ai pu
en avoir sans taper sur la table. Et toujours passer par l’Assistante sociale ! Sans des associations comme l’APEIS, je suis sûre qu’on n’aurait plus rien du tout. Si tout le monde s’y met on peut y arriver, à vivre. Je veux aussi un avenir pour mes enfants.

"On ne reviendra plus en arrière."
Jean Jognot 44 ans ( 33).

J’étais peintre en bâtiment dans la région de Valenciennes et quand on a vu tout partir ; la sidérurgie, le charbon... avec ma femme, nous sommes venus pour éviter le chômage. C’était en 1981.

Elle travaillait dans une usine de confection qui a fermé deux ans après.
Mon frère était installé ici comme vendeur chez Peugeot. On l’a rejoint avec armes et bagages. J’ai travaillé pour une entreprise sur des contrats de six mois. Ma femme a trouvé un emploi, dans son métier chez Avray. J’ai été le premier licencié. Elle, c’était deux ans après.
Nous avons deux enfants. Il y a cinq ans, nous avons appris que notre fils était myopathe. Pour ma femme, le choc coïncide avec son cancer du sein. Depuis, elle
est en longue maladie et les os sont touchés.
Il y a trois ans, j’ai rencontré Françoise, une militante de l’APEIS aux ASSEDIC. J’étais très mal. Comment chercher un emploi avec tout ce qui me tombait dessus ? Pour le fauteuil de Fabien, on a eu recours aux fonds sociaux. On a fait une demande de cinq mille francs avec l’APEIS et l’AFM ; j’ai reçu le virement. La mutuelle a complété.
Il y a un an, nous avons occupé les ASSEDIC de Bordeaux avec les copains. C’est extraordinaire, ce lien qui s’est construit là, à se parler ; à échanger sur nos difficultés. On a connu des moments de stress, des moments de cafard,
il s’en est toujours trouvé un pour rattraper l’autre. Dans l’action, je me sens comme un ouvrier ; quelqu’un qui bosse. Je pars le matin, je prends le train, je vois Françoise ; je bois le café ; je suis utile, mais je le sens : on va de l’avant ; on ne reviendra plus en arrière.

"Il n’est pas possible de rester là."
Alexis Ketterling, 33 ans (94)

Mon chômage date de juin 1995. J’étais en première année d’IUFM et comme tous les concours, les candidats sont plus
nombreux chaque année. Hier, j’ai eu une réponse de la Commission Locale d’Insertion ; j’avais un plan de formation, on m’acceptait. A la Commission Locale d’Insertion, mon dossier a été refusé. Avec une licence en
Sciences de l’Education, je veux être formateur pour adultes. J’habite un foyer et puisque j’ai droit à l’APL, je paie 728 F par mois au lieu de 2800 F. Pour manger, les restos du cœur, ça aide !
2115 F par mois pour vivre,le calcul est simple. La carte orange, je n’ai pas les moyens de la payer : je fraude. Quand je me fais prendre, j’ai une amende. Puisque je ne la paie pas, tout arrive au Trésor Public. A terme, c’est le tribunal. Si je retrouve un travail, je risque d’être ponctionné sur mon revenu. Je vois tout ça avec les copains de l’APEIS, je ne suis pas seul dans ce cas. On a
eu quelques petites avancées, mais le chèque transport ne couvre que 40 % de la carte orange. Avec un mouvement comme celui qu’on est en train de vivre, ce n’est pas possible d’en rester là.


Vers le haut de la page

 

Plan du site |  Espace privé |  Nous écrire | Soutenir l’APEIS | 

APEIS
8 rue de Verdun
94800 Villejuif
tel : 01 46 82 52 25
Portable : 07 81 19 31 94
E.mail : apeis live.fr